Recrutement, sélection et jumelage

Recrutement des mentores

Bon nombre de programmes de mentorat ont constaté que les efforts de recrutement exigeaient plus d’énergie et de temps que prévu. Le meilleur moyen de contourner les difficultés consiste à bien évaluer sa communauté, à établir un plan et à lancer la démarche le plus tôt possible. Ne vous contentez pas d’attendre des réponses à vos messages; soyez proactives et contactez des milieux riches en bénévoles, comme des étudiantes en travail social à l’université.

Avant de procéder au recrutement, il faut d’abord réfléchir aux personnes visées par le projet et au meilleur moyen de les impliquer dans un programme de mentorat. Le fait d’avoir décidé du type de mentores que vous recherchez aura une incidence sur votre stratégie de recrutement. Le recrutement ne doit pas être conçu comme une activité ponctuelle, car les circonstances des mentores peuvent changer et les obliger à se retirer du programme plus tôt que prévu. Il est essentiel de s’attacher continuellement à faire connaître le programme autour de vous et les possibilités qu’il offre. Certaines organisations jugent utile de constituer un petit bassin de mentores qu’elles auront présélectionnées et formées, et qui pourront remplir certaines fonctions comme bénévoles jusqu’à ce qu’une place de mentore se libère.

Il y a plusieurs éléments importants à prendre en considération lorsqu’on veut recruter des candidates dans le cadre d’un programme de mentorat de groupe s’adressant aux filles. On a constaté notamment que le mentorat de groupe attirait des personnes qui ne se sentaient pas à l’aise avec le degré d’intimité et d’engagement que requiert une relation individuelle. Le mentorat de groupe exige néanmoins la présence de mentores ayant la confiance et l’expérience nécessaires pour évoluer dans un groupe et animer ce dernier. Le caractère unique du mentorat de groupe fait en sorte que les mentores doivent établir des relations avec plusieurs protégées et, bien souvent, avec d’autres mentores également. Dans ce contexte, les qualités requises pour devenir mentore dépassent le seul fait de bien maîtriser une activité sportive ou artistique précise.

Pour qu’il soit réussi, le recrutement exige une approche bien coordonnée et planifiée. Le tableau suivant vous aidera à élaborer un plan de recrutement des mentores.

Recruitment Questions, Considerations & Examples

« Une mentore est un modèle féminin issu de la collectivité. Un “modèle” est une personne que les filles sont susceptibles d’admirer parce qu’elle mène une bonne vie... Ce peut être n’importe qui ou presque : une mère, une jeune femme, une guide spirituelle, une leader ou une professionnelle, peu importe son domaine d’activité. Une mentore se préoccupe de la place des jeunes femmes dans la société. Elle s’attache à bâtir la confiance. Elle parle avec sagesse et prête une oreille attentive. Elle planifie les séances et les activités de mentorat. Elle est prête à faire tout ce qu’elle peut pour aider les filles à réussir. Elle les inspire à faire de leur mieux et les accompagne vers la réussite. »

– AED Centre for Gender Equity (2009)

Qui voulez-vous recruter comme mentores?

  • Des jeunes, des étudiantes au collégial ou à l’université, des professionnelles, des employées du secteur privé ou des personnes âgées?

Quelles qualités doivent-elles posséder?

  • Prenez le temps de dresser une liste des qualités qui vous semblent essentielles, puis de les classer par ordre de priorité. Tenez compte des filles avec lesquelles vous travaillez et du caractère particulier de votre milieu. Par exemple, vous recherchez peut-être chez vos mentores des qualités comme la constance; une facilité à se lier avec les autres (en particulier avec les jeunes); une propension à miser sur les forces; ou une volonté de s’engager jusqu’à la fin du programme. Un plan de recrutement ciblé vous permettra de trouver les bonnes personnes. Tout dépend de la population de filles avec laquelle vous travaillez. Vous pourriez, par exemple, privilégier des compétences comme la capacité de résoudre des conflits, une connaissance des troubles comportementaux ou une expérience de vie dans un quartier vulnérable.

Quelles sont les motivations propres au groupe de mentores que vous ciblez?

  • Réfléchissez aux principaux facteurs de motivation. Que pourront retirer les mentores de leur expérience? Quelle influence sont-elles susceptibles d’avoir sur les filles et sur leur entourage? Quels avantages pourriez-vous faire valoir auprès du bassin particulier de candidates que vous visez? Les élèves du secondaire, par exemple, pourraient rechercher des possibilités de bénévolat et les étudiantes de niveau universitaire, une occasion d’assumer des responsabilités et d’acquérir des compétences professionnelles. Songez aux raisons qui vous incitent à entreprendre votre projet et aux arguments que vous pourriez invoquer pour susciter de l’intérêt autour de vous. La passion et l’enthousiasme sont contagieux!

Quelles sont les contraintes propres au groupe de mentores que vous ciblez?

  • L’accessibilité est une considération essentielle; il faut donc tenir compte des limites propres à chaque groupe de mentores. L’horaire et l’emploi du temps en font partie. En règle générale, les étudiantes universitaires ne sont pas disponibles pendant les périodes d’examen; de plus, elles vivent souvent ailleurs pendant les mois d’été. Dans un même ordre d’idées, les employées du secteur privé risquent de ne pas être disponibles le jour ou d’être obligées de compenser le temps perdu si les rencontres de mentorat se déroulent pendant leurs heures de travail.

Quels moyens allez-vous mettre en œuvre pour recruter des candidates?

  • Recourez à des moyens tant formels qu’informels. Entre autres, parlez du programme dans le cadre de présentations aux groupes de mentores visés et dans vos conservations personnelles. Autres stratégies à envisager : annonces ou communiqués de presse (p. ex., journaux locaux, bulletins communautaires ou scolaires, circulaires, bulletins électroniques, affiches dans les lieux publics et les centres commerciaux); tables d’information dans les foires de services communautaires, les centres commerciaux, les activités publiques, les colloques et les établissements scolaires; présentations aux classes ou aux assemblées du personnel; bouche-à-oreille (invitez les personnes enthousiasmées par le projet à passer le message).
  • Sollicitez l’apport des personnes qui appuient votre projet, dont les membres du conseil d’administration ou d’un comité consultatif et vos contacts au sein de la communauté. Ces personnes ont souvent un réseau de relations très étendu. Demandez‑leur de vous aider à formuler des messages adaptés à des groupes particuliers; tirez profit de leurs contacts pour recruter des candidates. Dans votre matériel de promotion, utilisez une langue accessible et insistez sur les points forts du projet. Pensez à fournir des témoignages ou des statistiques sur le programme ou sur toute autre initiative que vous auriez pu mener à bien. N’oubliez pas d’inclure un appel à l’action et de l’information sur les possibilités de mentorat.

Quand allez-vous procéder au recrutement?

  • Rappelons que le recrutement exige toujours plus de temps que prévu. Pour être en mesure de démarrer les activités le jour dit, il est indispensable d’établir un calendrier qui précisera les délais fixés pour la sélection et la formation. Reculez dans le temps à partir de la date de début que vous aurez fixée et prévoyez systématiquement des périodes tampons. À titre d’exemple, si le début du programme est fixé en septembre, il ne serait pas déraisonnable de commencer le recrutement en juin, compte tenu des horaires typiques en juillet et en août. Prévoyez suffisamment de temps afin de recruter toutes vos mentores avant de passer à la formation. En offrant une orientation collective, plutôt que des séances individuelles et ponctuelles, vous économiserez temps et ressources.

Où concentrerez-vous vos efforts?

  • Écoles secondaires, collèges et universités : Selon le groupe visé, le recrutement au sein des établissements scolaires peut s’appuyer sur une campagne de publicité globale ou sur une stratégie de promotion visant un domaine d’études ou de compétence particulier. Pour obtenir de bons résultats dans les écoles, il est utile d’entrer en contact avec une personne-ressource, c’est‑à‑dire une enseignante, une conseillère en orientation ou une administratrice. Le fait d’entretenir une relation privilégiée avec une ou deux représentantes au sein des écoles permettra de faire bouger les choses et de trouver des candidates plus facilement.
  • Entreprises et secteur public : Un grand nombre d’employeurs encouragent leur personnel à s’investir dans la collectivité, qu’il s’agisse de faire circuler de l’information sur un projet, d’aménager l’horaire de travail en fonction des activités bénévoles, d’accorder un congé payé pour une activité bénévole ou d’égaler les heures bénévoles investies par un employé par un don en argent à un organisme local. Pour recruter des mentores, il est parfois utile de prendre contact avec une personne en particulier au sein d’une entreprise ou d’un service et de lui parler des avantages du mentorat et de ses bienfaits pour la culture organisationnelle; le fait de la compter parmi ses connaissances constitue un avantage certain. N’hésitez pas à mobiliser votre propre réseau de contacts.
  • Lieux publics (p. ex., les centres commerciaux), événements (p. ex., foires, petits-déjeuners aux crêpes) et colloques : En règle générale, ils présentent tous une occasion de faire de la publicité à vaste échelle : affiches, pancartes, promotion en personne, tables d’information et réseautage.

Qui se chargera du recrutement?

  • Quelles responsabilités les membres de votre personnel assumeront‑elles? Combien de temps et d’effort devront-elles investir? Comment faire bon usage des ressources bénévoles? À titre d’exemple, pourriez-vous demander à une employée et à une bénévole de s’occuper ensemble d’une table d’information ou d’une présentation?

Exemple de description de tâches d’une mentore bénévole

Préparez une description de tâches pour présenter votre programme et vos attentes à l’égard des mentores. Vous pourrez la faire circuler et la remettre aux candidates éventuelles afin qu’elles disposent de toute l’information nécessaire pour prendre une décision éclairée. C’est aussi un moyen de veiller à ce que les recrues aillent jusqu’au bout de l’engagement que vous leur proposez. Optez pour un format accessible et facile à consulter.

La description de tâches pourra renfermer les éléments suivants :

  • Les principales activités, tâches et responsabilités des mentores.
  • La durée de l’engagement et la fréquence des rencontres.
  • Les attentes concernant la conduite globale (modèle de rôle, engagement envers les filles et le programme, fiabilité et communication avec le personnel).
  • Les activités exigeant la présence des mentores, comme l’orientation, la formation, les banquets, les retraites, etc.
  • Les règles à observer (propres à chaque programme, mais elles pourront inclure : certaines restrictions concernant les contacts entre les mentores et les filles à l’extérieur des rencontres; la non-tolérance de la discrimination envers les filles; la démarche à suivre pour mettre fin à une relation de mentorat).
  • Les qualités recherchées (grande capacité d’écoute, sensibilité aux différences entre les filles, attitude dénuée de tout jugement).
  • De l’information sur les étapes à suivre pour s’impliquer.
  • Il peut être utile de préciser ce que les mentores NE SONT PAS. Dressez par exemple une liste des qualités qui conviennent davantage aux tâches exécutées par les employées ou les bénévoles régulières.

  • Avantages du mentorat

    Le mentorat se traduit par des bienfaits indéniables pour les jeunes filles, mais il profite aussi grandement aux mentores. N’oubliez surtout pas de le mentionner lorsque vous faites du recrutement! Les mentores qui ont participé aux programmes du Fonds pour les filles de la Fondation canadienne des femmes (2014) ont décrit dans les termes suivants ce que l’expérience du mentorat auprès d’une fille leur avait procuré :

    • une occasion de redonner quelque chose à la collectivité;
    • un moyen de consolider leurs connaissances et leur expertise;
    • un sentiment d’espoir à l’endroit des générations futures;
    • un moyen de garder le cap sur leur démarche de guérison et leurs objectifs personnels;
    • une occasion de mettre leurs compétences en pratique ou d’acquérir une expérience utile pour l’avenir;
    • un renforcement de l’estime de soi;
    • une occasion d’établir un lien avec leur milieu et d’y contribuer;
    • une leçon de patience à mettre en pratique auprès de leurs propres filles;
    • un remontant pour le moral et une bonne dose de bonheur.

    Dans vos messages, faites ressortir les bienfaits que les mentores retireront de l’expérience, dont la formation, le soutien et les avantages énumérés ci-dessus.


    Contactez: mentoringgirls(at)canadianwomen.org