Programme et rencontres

Family & Parental / Guardian Involvement

Les travaux de recherche sur les relations de mentorat ont démontré que celles-ci sont plus solides lorsque les parents les soutiennent et y participent de façon appropriée. Selon l’AED Centre for Gender Equity (2009), « Il est très important que les parents et les tuteurs comprennent le rôle que joue le mentorat dans la vie des filles. Si les parents et les tuteurs donnent leur appui, ils encourageront leur fille à assister aux rencontres. Ils inviteront leur fille à parler de ce qu’elle a appris lors des séances de mentorat de sorte que la mentorée deviendra une source d’apprentissage pour toute la famille. »

« Plutôt que de combler un certain vide dans la vie de l’enfant en ce qui a trait à la présence de modèles d’adultes positifs, ces parents espèrent qu’un mentor pourra élargir les horizons de leur enfant, lui offrir un éventail d’expériences positives qui pourrait accroître son bien-être, améliorer son estime de soi et élargir ses possibilités. »

– Spencer, Basualdo-Delmonico et Lewis (2010)

Il est parfois difficile d’évaluer dans quelle mesure un programme devrait faire participer les parents et les tuteurs. La vision du « rôle » des parents ne signifie pas qu’on exige d’eux une « participation active » dans le programme. On s’attend plutôt à ce qu’ils comprennent le programme, qu’ils sachent ce que les filles font lors des séances, qu’ils connaissent la façon de communiquer avec le personnel ou les mentores et qu’ils soutiennent leur fille dans le processus. Le contexte communautaire permettra de mieux comprendre ceci, bien que l’importance du rôle des parents puisse varier selon la communauté. De plus, il est souvent utile de consulter les autres programmes locaux. Afin de déterminer l’importance du rôle des parents, il est suggéré de se poser les questions suivantes :

  • Y a-t-il des problèmes en matière de sécurité qu’il faudra régler?
  • Y a-t-il des aspects culturels qui peuvent être sources de conflit?
  • Y a-t-il des occasions de renforcer les liens des filles avec leurs parents?

Il importe également de s’adresser aux filles pour évaluer dans quelle mesure elles souhaitent que les parents ou les tuteurs prennent part au programme. La préadolescence (de 9 à 13 ans) est une période délicate et le programme est censé offrir aux filles un espace sécurisant. En recueillant leurs commentaires sur la place qu’elles veulent accorder aux parents, on leur offre l’occasion d’acquérir de l’autonomie dans la prise de décisions. Cette façon de faire contribue aussi à atteindre des résultats plus positifs.

Vous pouvez envisager de donner plus d’importance au rôle que jouent la famille, les tuteurs et les parents lorsque :

  • les parents en font la demande;
  • des problèmes pourraient survenir si les parents ne comprennent pas le programme;
  • il y a des problèmes de sécurité dans la communauté;
  • les parents s’intéressent de très près au programme et veulent en savoir davantage;
  • les filles ont indiqué qu’elles y tiennent et qu’elles s’en réjouissent.

C’est également une bonne chose de consulter les parents afin d’évaluer leurs attentes et leurs espoirs pour le programme. Il arrive parfois qu’on n’ait pas le contrôle sur ce dernier aspect puisqu’on n’a aucun pouvoir sur la gestion de la dynamique familiale ou de la disponibilité des membres de la famille. Les différents moyens de communication facilitent la tâche lorsqu’il s’agit de communiquer avec les parents, et ce, peu importe leur emploi du temps et leur disponibilité. Il ne faudrait pas créer de situation où les filles se sentent exclues parce que leurs tuteurs n’ont pas pu se rendre aux réunions en personne ou aux séances alors qu’on ne disposait que d’un seul moyen de communication. Dans les programmes subventionnés par le Fonds des filles de la Fondation canadienne des femmes (2012), on a formulé les suggestions suivantes pour améliorer la collaboration des parents :

  • Invitez les parents à assister à une séance d’information.
  • Envoyez régulièrement un bulletin d’information par courriel qui présente des photos, des moments forts du programme et des citations des filles. Les filles peuvent participer activement à la production de ce bulletin.
  • Fournissez périodiquement aux parents un calendrier des activités.
  • Organisez un événement spécial pour les parents, p. ex., une activité mère-fille.
  • Invitez les parents à venir parler à une rencontre.
  • Envoyez des courriels à intervalles réguliers ou téléphonez pour faire des comptes rendus (ce qui peut s’avérer particulièrement utile pour s’adapter à l’emploi du temps des parents).  

Dans certains programmes, on a eu recours aux services des parents pour remplir des rôles bénévoles précis, notamment, aider à préparer les collations, coordonner les fournitures du programme (p. ex., organiser le matériel pour le bricolage) ou assurer la surveillance lors des sorties éducatives. On peut aussi inviter les parents, les tuteurs et les autres membres de la famille à assister à des célébrations comme invités de marque ou comme spectateurs à des activités spéciales (p. ex., spectacle d’artistes amateurs).

On peut essayer l’une de ces suggestions recueillies sur le terrain :

  • Événements familiaux : La North York Community House organise régulièrement des repas-partage, où les parents ont la possibilité d’apporter leur contribution, de dépasser les barrières linguistiques et de célébrer différentes cultures. Les filles du programme ont également souligné la Journée internationale de la femme. À cette occasion, des femmes de la communauté se sont rassemblées et les filles ont pu disposer d’un cadre participatif pour présenter ce qu’elles avaient appris dans le programme.
  • Célébrations des fêtes : La Calgary Immigrant Women’s Association a participé aux activités de lancement et aux célébrations dans différents locaux de la Calgary Housing Company ainsi qu’à d’autres activités communautaires avec les filles et leur famille.
  • Comptes rendus par courriel et présentations : Le Boys & Girls Club of Hamilton entretient une correspondance par courriel avec les parents afin de faciliter les échanges réguliers en ayant recours à un moyen accessible et stable. Le processus implique, dans un premier temps, la présentation des membres du personnel, puis celle de la mentore. Par la suite, les échanges se poursuivront sous forme de conversations téléphoniques et de comptes rendus par courriel. Lorsque les filles seront jumelées aux mentores, les parents et les tuteurs recevront une biographie et une photo de la mentore afin qu’ils puissent faire la connaissance de cette nouvelle influence dans la vie de leur fille.

Obstacles et résistance du côté des parents ou tuteurs

Bien que plusieurs mesures puissent être prises pour encourager et soutenir la collaboration des parents et des tuteurs, ceux-ci peuvent parfois faire obstacle et manifester de la résistance bien au-delà de ce qu’un programme peut surmonter. Même si la collaboration des parents et des tuteurs offre plusieurs possibilités et constitue une pratique exemplaire, il ne s’agit pas d’un élément décisif qui pourrait limiter la participation d’une fille. Lorsqu’il n’est pas possible d’obtenir la collaboration, on devrait s’efforcer de maintenir les liens de communication et de continuer de proposer différentes méthodes de collaborer si l’occasion s’y prête. 

« Lorsque cela est pertinent au type de mentorat ou aux besoins d’un enfant en particulier, les parents peuvent participer davantage (p. ex., en adaptant les activités aux besoins d’un enfant ayant une limitation fonctionnelle). Les parents peuvent jouer trois sortes de rôles dans les relations de mentorat :

  1. Collaboration : Assument un rôle actif dès le début de la relation de mentorat, en travaillant de concert avec le mentor pour faciliter avec bienveillance le développement et pour assurer l’efficacité de la relation.
  2. Encadrement : Supervisent la relation de mentorat afin de s’assurer qu’elle est productive. Cela se produit souvent lorsque le mentor est nettement plus jeune que le parent.
  3. Médiation : Sentent qu’ils doivent prendre des mesures pour protéger les intérêts de l’enfant en essayant soit de préserver la relation de mentorat ou soit d’y mettre un terme lorsque celle-ci devient instable. »

- Spencer, Basualdo-Delmonico et Lewis (2010)

Il est parfois difficile de trouver une approche en matière de collaboration des parents et des tuteurs qui répond aux besoins de chacune des filles du programme. Lorsqu’on crée un espace à l’intérieur des activités ou des événements du programme pour les parents et les tuteurs, on peut souhaiter élargir l’invitation à une femme qui est importante ou spéciale aux yeux de la fille. De cette façon, les filles ont plus de chances de trouver une personne à inviter, notamment une tante, une enseignante ou une gardienne. Dans les programmes, on doit veiller à ne pas exclure de filles lorsque leur parent ou tuteur ne peut pas venir en les jumelant à une employée ou à une bénévole et en ayant une conversation avant l’activité avec la famille ou le tuteur.

Il y a une dernière chose importante à ne pas oublier lorsqu’on planifie le rôle que joueront les parents et les tuteurs dans le programme. Au sein des groupes jumelés de mentorat, les filles peuvent révéler des difficultés, des problèmes ou une crise qui devraient être communiqués à la figure parentale et qui exigent de l’attention ou une intervention. Il peut s’agir d’une question ardue et complexe à traiter et l’organisme devrait se doter de lignes directrices sur la divulgation qui indiquent clairement à quel moment les parents et les tuteurs devraient être mis au courant et la façon de faciliter les choses. Cette responsabilité devrait incomber à l’organisme et la mentore ne devrait pas être responsabilisée ni porter le fardeau.


Contactez: mentoringgirls(at)canadianwomen.org