Gestion de la dynamique de groupe

Le développement relationnel et ses phases

Pour gérer efficacement la dynamique de groupe et soutenir l’établissement de rapports de mentorat sains et enrichissants, il se révèle utile de comprendre les phases et les caractéristiques du développement relationnel.

Deux ensembles de connaissances fournissent un éclairage qui aide à comprendre l’évolution des relations auxquelles donne lieu le mentorat de groupe : les modèles
du développement des groupes et les phases des rapports de mentorat. Il se pourrait que vous reconnaissiez les deux modèles présentés ci-dessous dans votre expérience du mentorat de groupe pour filles.

La théorie du développement des groupes de Tuckman (1965) :

Selon la théorie avancée par Tuckman, les groupes se mettent en place et se transforment en traversant cinq phases : la création; la confrontation; la structuration; la productivité; et la dissolution. Ce modèle peut être un bon outil pour aborder l’élaboration de programme, le processus de sélection, la formation des mentores, l’animation de groupe et la gestion des conflits. Les phases qu’il décrit permettent de saisir que certains comportements inattendus que l’on observe chez les participantes sont souvent, en fait, les signes d’une évolution normale du groupe. Tuckman définit les phases de développement des groupes suivantes :

  • La création : Lorsqu’ils se forment, les groupes connaissent une phase initiale où les interactions sont formelles, voire figées ou maladroites, tandis que les membres se rencontrent et font connaissance, veulent se faire une idée de la finalité du groupe et de la façon dont ils vont collaborer.
  • La confrontation : Quand les membres commencent à interagir et à définir ce que sera leur place ou leur rôle dans le groupe, les conflits se mettent à apparaître. Cela fait partie de l’évolution naturelle des groupes.
  • La structuration : Alors que s’installe la collaboration, des modes de fonctionnement et des normes comportementales se clarifient peu à peu, et les membres exercent des rôles utiles. L’acceptation du processus et le respect mutuel s’accroissent.
  • La productivité : Au fil du temps, en gagnant de l’expérience et en faisant preuve de persévérance, les groupes atteignent une plus grande efficacité dans l’exécution des tâches correspondant à leur finalité.
  • La dissolution : Les groupes cessent d’exister soit parce qu’ils mettent simplement un terme à leurs activités, soit parce qu’ils se transforment (c’est-à-dire qu’ils changent de but ou que leurs membres s’orientent vers une autre forme de regroupement). Cette phase de dissolution représente une situation de fragilité ou de malaise pour certains.

Le personnel du programme et les mentores devraient avoir conscience de l’existence de ces phases et, en mettant en œuvre des idées, des outils et des processus, aider les groupes à progresser d’une étape à l’autre. Comme les groupes diffèrent les uns des autres, il n’existe pas de mode d’emploi unique; chaque groupe devra vraisemblablement mettre à l’essai différentes façons de faire avant de déterminer ce qui convient le mieux à son programme, de même qu’au profil des participantes. La théorie de Tuckman peut faire partie intégrante de la formation du personnel et des mentores associées au programme de mentorat de groupe pour filles.

Les phases d’un rapport de mentorat

À l’instar des autres types de relations, les rapports de mentorat connaissent un cycle de vie. Progressivement, parce qu’elles passent du temps ensemble et apprennent à se connaître, les mentores et les mentorées en viennent à se sentir à l’aise et engagées l’une envers l’autre. Tout en ayant une certaine idée de l’évolution que l’on peut attendre de ce type de rapport, il importe de considérer chaque jumelage comme ayant un profil unique et de s’ouvrir à la possibilité que les choses ne se déroulent pas comme prévu. Chaque relation se développe à son propre rythme, et la durée des différentes phases est donc variable. Les balises ci-dessous indiquent comment les rapports de mentorat progressent de manière générale.

Phase 1 : Vous apprenez à vous connaître

Cette phase se caractérise comme suit :

  • Les mentores et les mentorées commencent à tisser des liens et à bâtir la confiance.
  • Progressivement, elles en savent davantage l’une à propos de l’autre.
  • Chacune essaie de saisir qui est l’autre.
  • Les jeunes cherchent parfois l’approbation des mentores et des autres filles, ou tentent de les impressionner.
  • Il arrive que les filles mettent les mentores et le personnel du programme à l’épreuve pour vérifier si elles peuvent leur faire confiance.
  • Des groupes entreprennent de se donner des objectifs.

Durant cette phase initiale, les mentores doivent être cohérentes, montrer qu’elles prennent la démarche au sérieux et tenir leurs engagements, car les jeunes tentent d’établir si elles peuvent ou non se fier à elles. La patience est de mise, la durée de cette phase pouvant se limiter à quelques semaines ou s’allonger sur plusieurs mois. À cette étape, prenez en considération le profil du groupe de filles avec lesquelles vous travaillez. Les filles qui se heurtent à plusieurs obstacles risquent d’avoir besoin de plus de temps pour tisser des liens.

Phase 2 : Vous trouvez votre rythme

Cette phase se caractérise comme suit :

  • Les mentores et les mentorées démontrent un engagement et atteignent des objectifs.
  • Un rapprochement authentique est ressenti.
  • Chacune prend part aux conversations, qui s’approfondissent.
  • Il arrive que des difficultés et des conflits surviennent.

Tout comme durant la première phase du rapport de mentorat, il importe au cours de cette deuxième phase que les mentores soient fiables et cohérentes.

Phase 3 : Vous mettez fin au rapport de mentorat

Cette phase se caractérise comme suit :

  • Les mentores et les mentorées se réjouissent de leurs liens d’amitié.
  • Elles célèbrent le parcours qu’elles ont fait ensemble.
  • Elles se disent au revoir.

La fin d’un rapport de mentorat est une phase naturelle de son évolution, et il faut l’envisager au moment de la planification. Cette phase est tout aussi importante que l’étape initiale où s’établit la relation, et il est essentiel de faire la distinction entre une « fin planifiée » et une « fin prématurée ». La fin planifiée est prévue dès les premières phases du programme et permet de sainement dénouer les liens mentores-mentorées; la fin prématurée correspond à une dissolution inattendue du rapport de mentorat. Pour bénéficier de suggestions et de stratégies afin d’inclure dans la planification de votre programme cette phase où le rapport de mentorat prend fin de façon saine, consultez la section quatre intitulée Planification du programme.


Contactez: mentoringgirls(at)canadianwomen.org